25 novembre 2008

Masochisme (1)


Il y a des désirs qui frôlent le masochisme. Quelquefois je me surprends à vouloir partager l'homme que j'aime avec une autre femme.

Le côté masochiste de l'histoire est lié à ma nature possessive. Je suis une femme possessive sans être envahissante, ni même vouloir posséder l'autre dans sa personnalité, non, je suis tout bonnement égoïste. Il est si bon de m'abandonner dans ses bras, ce plaisir est si intense, si fin, délicat que j'aimerais être la seule à pouvoir y goûter. Dans le même temps, l'idée que mon homme prenne du plaisir dans les bras d'une autre m'excite. Alors j'oscille dans ce fantasme entre angoisse et désir.

J'aimerais le voir prendre une autre femme, j'aimerais le voir lui donner du plaisir, j'aimerais lire dans les yeux de cette autre que j'ai bien raison de ne vouloir le partager.

J'aimerais être là en simple voyeuse, assister à leur ébats, le voir lui sous tous les angles sans rien louper. Je rêve de voir son abandon, de l'entendre apprécier être en elle, mais également d'entendre cette femme lui dire combien elle aime, combien elle apprécie le sentir en elle, j'aimerais la voir se ravir de le prendre dans sa bouche.

Je choisis donc de lui offrir cette femme. Je la souhaite entreprenante, sensuelle, féminine, pulpeuse, avec de belles formes.

Aussi vicieux que cela puisse être, je me tiendrai à l'écart, leur première rencontre se fera dans un lieu banal, un café, un restaurant, un musée, un lieu différent d'une chambre d'hôtel qui presse trop au passage à l'acte. J'aimerais percevoir leur jeu de séduction. Elle devra le séduire, l'amener à la désirer et lui devra faire naître l'envie en elle.

...

Elle est là face à moi, souriante et radieuse, j'aime ses lèvres, elle vous donne l'envie d'y mordre, de l'embrasser. Elle porte une petite robe portefeuille dont le décolleté souligne son galbe et met en évidence ses fesses généreuses. Je ne peux m'empêcher de penser que le choix de cette robe n'est pas anodin, rien de plus simple à retirer.
Sur ses jambes fuselées elle porte une paires de collants ou de bas noir, neutres, sans motifs particulier, moi qui m'attendais à quelque chose d'hyper sexy je suis surprise, mais j'aime, car je perçois un côté naturel en elle qui me trouble.

En attendant que mon homme nous rejoigne, nous nous sommes installées dans ce bar Porte Maillot, choisi quelques jours auparavant. Je ris pour cacher mon angoisse et ma gêne, elle l'a compris et pose sa main sur la mienne comme pour me rassurer. J'en suis troublée encore plus. Cette femme que j'ai choisie pour mon homme, semble également susciter un désir en moi.

- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
Je feins de ne comprendre, j'ai bien saisi le sens de sa question, depuis le temps qu'elle ne cesse de me la poser.
- Pourquoi vouloir le voir ?
- L'idée est excitante, j'aimerais voir un homme prendre une femme.
- Vous auriez pu faire simple, aller dans un club, d'ailleurs tu aurais pu simplement assouvir ce désir de voir un couple directement sans avoir à offrir ton homme.
- Oui ... Non, bof, je sais pas, j'ai envie de voir, de le voir ... les clubs j'aime pas, il manque quelque chose en ces lieux, cette chose que vous allez m'offrir. Vous allez le séduire.
- Ah ! Tremblez ...

Nous rions, et je l'aperçois qui entre dans le café. Il à été convenu qu'il s'installe à une autre table sur le côté opposé au nôtre avec une certaine distance de manière à ce que je puisse avoir une vue directe sur eux.

Dès qu'il est installé, notre belle me quitte. A ma grande surprise, elle retire la baguette qui retenait ce semblant de chignon qu'elle avait. Je découvre une jolie brune aux longs cheveux frisés.

Et si j'étais en train de faire une connerie ? L'heure n'est plus au doute, j'aperçois l'illumination dans les yeux de mon homme qui se levait pour saluer sa belle d'un soir. J'espère.
Elle s'est installée face à lui, tous deux rasant le mur, je pouvais de temps en temps voler un regard à mon homme qui faisait face à moi, Clara me tournait le dos.
A peine est-elle assise, que je la vois remonter délicatement sa robe, découvrant ainsi un peu plus ses jambes, ce qui ne manque pas d'attirer son regard sur ses jambes. Il sourit.
Oh ! Le salaud !! Je ne peux m'en empêcher.

Je les voient discuter, rires, Clara de temps en temps se passe les mains dans ses cheveux, semble baisser son regard. Elle joue, elle dans son mode de séduction. Puis brusquement, elle lui fait signe de se rapprocher, elle lui murmure je ne sais quoi dans le creux de l'oreille en terminant par un léger baiser sur le bas de son oreille et presque aussitôt elle se saisit de sa main la passe sous la table et la glisse entre ses cuisses.

Un instant j'ai pensé mourir, mais mon cœur qui battait si fort m'a bien fait comprendre que j'étais bien en vie, un fait qui se confirma par cette montée de chaleur envahissant tout mon corps, je sentis mon clitoris se contracter, frissonner, mon sexe s'humidifier. Mon angoisse laissait la place à mon désir.

Ce qui allait suivre, allait bien au delà de mon espérance.

8 commentaires:

Vallisnéria a dit…

dans ce genre de fantasmes les ressentis sont très ambigüs en effet, et très bien décrits ici ...

Vellini a dit…

@ Vallisnéria: Merci, c'est sans doute cette ambiguïté qui entretient l'excitation, c'est comme tous ses interdits qui nous procurent de belles montées d'adrénaline.

Titia d'or a dit…

Entre fantasmes et réalité... excitation ou recul? Esce du masochisme vraiment? Ou bien esce savoir profiter des plaisirs que la vie peut nous apporter? Aller au delà d'une possession extrème mais inutile... Et vivre par là même une belle expérience de partage et de plaisirs assouvis, renforcer des liens exitants pour mieux se retrouver...après.

Vénétian a dit…

Très beau texte qui aide à s'expliquer bien des choses...
Entre possesivité et jalousie... le tout est au fond accepter que rien ne nous appartient... pas même la Jalousie...

Au plaisir

Vellini a dit…

@ Titia: Je reste assez partagée, je suis de ceux qui pensent qu'il existe tout de même une limite dans l'exploration de nos désirs, pour ma part il existe des fantasmes pour lesquels je prends plaisir à les garder intact, sans vouloir les assouvir dans le simple but d'entretenir mon imaginaire.

Dans ce texte je recherchais à mettre à l'accent sur la naissance d'un plaisir dans une situation me paraissant (de prime abord) douloureuse. Vous savez quelques fois avant d'arriver au stade de la jouissance, il est douloureux d'imaginer son homme prenant du plaisir dans les bras d'une autre.
Mais comme vous le dites cela permet "de renforcer des liens existants, pour mieux se retrouver..."

@ Vénétian: C'est bien vrai, rien ne nous appartient, même pas la jalousie, pire la maîtrise de nos propres sentiments, de nos sens, peuvent nous échapper dans certaines situations...Les surprises peuvent être très
belles...

Ps: Bienvenu à vous.

Comme une image a dit…

Délicieusement affolant, ce récit !

Vellini a dit…

@ CUI: Vous ici! :)) Merci! Une suite à venir...

Maître Décadent a dit…

Décidément, nous avons quelques fantasmes communs !

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